Thèse de doctorat – Université Paris VII

Pensée du geste et geste de la pensée,
Une lecture philosophique du problème de l’esprit dans les traités fondamentaux du Taijiquan.


Sous la direction de François JULLIEN

Thèse de doctorat soutenue le 17 Décembre 2001 à l’Université Paris VII Denis Diderot
UFR Sciences des Textes et Documents (STD) sous la direction de François JULLIEN
Disciplines : Philosophie, Sinologie, STD

Mots-clés :
#Taijiquan, #esprit, #intention, #force, #efficience, #efficacité, #agir, #action, #oubli de soi, #perception, #opportunité, #unité du corps et de l’esprit, #énergie, #métaphysique, #métempirique, #toucher, #relation pédagogique, #relation maître-élève, #relation professeur-élève, #progression pédagogique, #outils pédagogiques, #technique gestuelle, #lenteur, #travail d’imitation et d’imagination, #souplesse, #disponibilité, #mystique, #méthode phénoménologique.

Résumé

Pensée du geste et Geste de la Pensée est une analyse philosophique – à caractère sinologique – du problème de l’esprit dans quelques traités fondamentaux du Taijiquan. Cet examen philosophique a la double ambition de nous faire comprendre l’originalité du Taijiquan au sein des arts martiaux chinois, et de faire ressortir par les jeux d’opposition de l’analyse comparée (notamment par l’utilisation récurrente de Descartes) les traits caractéristiques de cette pensée du geste.

Une première partie étudie les raisons de la prétendue supériorité de l’intention sur la force, opposant l’efficience de l’esprit à l’efficacité de la force. Il s’agit de comprendre les ressorts d’une manière originale d’agir conditionnée par l’oubli de soi qui, à la différence de l’action, n’est pas fondée sur la distinction théorie/pratique mais sur un affinement de la perception capable de capter les propensions du réel et d’en exploiter les opportunités.
Une deuxième partie analyse les présupposés de ce travail de la perception en ce qui concerne non l’union mais l’unité de l’esprit et du corps. Non pas un matérialisme, mais une pneumatique, c’est-à-dire une pensée fondée sur l’énergie ; non pas une métaphysique mais une métempirique, i.e. un type de discours et une manière d’agir qui s’appuient sur ces perceptions plus fines du réel – exploitant au plus loin les possibilités du toucher.

Une troisième partie analyse le type de relation pédagogique impliqué par ce travail de la perception – c’est-à-dire la relation maître-élève (opposée à la relation professeur-élève) ; elle définit le sens et les étapes de la progression pédagogique ainsi que les principaux outils pédagogiques dont se sert le maître pour conduire l’élève : technique gestuelle, lenteur, travail d’imitation et d’imagination, souplesse ou disponibilité.

Cette dernière partie ainsi que la conclusion soulignent le caractère spirituel et la dimension proprement mystique du Taijiquan, mais sans se borner à les constater ou à les abandonner à l’ésotérisme, et en comptant jusqu’au bout de l’explication sur les exigences d’un travail de définition et les lumières apportées par la méthode phénoménologique.